MANIVELLE N°67 – CLAUDE
J’aime prendre un peu de recul sur un projet avant de rédiger son article. Laisser passer du temps après la livraison, se refaire le film à travers les photos prises au fil de l’eau, faire un bilan des difficultées rencontrées, des nouvelles réflexions ouvertes. Rester finalement dans le même ryhtme que pour le reste d’un projet sur-mesure. Ne rien rusher, maturer les décisions.
Quelques jours après la livraison, Claude m’a réécrit par mail. Lui a été capable de rediger à chaud de biens jolis mots :
Comme tu t’en doutes, je n’ai pas pu m’empêcher de profiter de ce beau soleil aujourd’hui pour faire mes premiers tours de roues sur mon N°67. Petite sortie de 50 bornes histoire de le prendre en main sur un parcours que je connais par coeur pour valider les 3 critères de départ de notre projet : confort, vivacité et rassurant.
Il ne m’a pas fallu longtemps pour confirmer le premier point. C’est comme si la route était plus lisse, un vrai tapis volant ! Et en prime, un silence royal, un vrai bonheur. La vivacité ? Un véritable piège. Le N°67 est tellement joueur qu’il ne demande qu’à appuyer comme un sourd sur les pédales… Au risque de finir complètement cramé. Heureusement, quand les jambes ne suivent plus, il sait aussi se montrer plus sage, et monter un col au train reste très agréable. Un vrai caméléon.
Rassurant, il l’est sans aucun doute. Après ma grosse chute avec mon ancien vélo, j’étais crispé dans toutes les descentes. Son comportement est lisible et prendre de l’angle dans les virages se fait avec sérénité. Je ne vais pas faire exploser les chronos, mais au moins je n’aurai plus les cervicales en vrac au pied d’un col.En résumé, c’est carton plein. Tu as fait des merveilles en sublimant les qualités intrinsèques de l’acier pour réaliser de main de maître un vélo qui est en fait MON vélo. C’est avec beaucoup de fierté et de plaisir que je vais me lancer de nouveaux défis à son guidon, Paris-Roubaix Challenge en tête.
Une immense merci à toi et à toute ton équipe. Je suis fier d’être le propriétaire du Manivelle N°67 et je serai votre meilleur ambassadeur au fil de mes rencontres.
C’est forcément très goûtu de lire un retour comme celui-ci. Je me suis senti extrêment bien dans ce projet, qui s’inscrivait à la fois dans une confiance confortable ; je savais que je pourrais remplir le besoin de Claude côté géométrie ; et dans un défi avec une part d’inconnu, celui de concevoir une intégration complète d’une transmission mécanique.
J’ai alors commencé par travailler la partie la plus challengeante du projet : l’avant du vélo, avec le cheminement dans la potence et la douille de direction. La potence a représenté une grosse journée de travail. J’ai commencé par préciser la 3D avec le complexe douille/jeu de direction/fourche monté avec les durites et gaines, pour observer les angles de virages et les trajectoires. Puis je me suis lancé dans la fabrication, en me laissant une part de liberté pour pouvoir adapter le dessin au fur et à mesure que la potence prenait forme. Je me suis senti en état de flow du café du matin jusque tard dans la soirée =)
C’est tellement pour ça que le métier d’artisan·e-cadreur·euse, sans doute celui d’artisan·e plus largement, est magnifique et difficile. On pose un défi, puis on se crée une bulle de confiance pour y répondre, en s’appuyant sur nos compétences, nos outils, et la playlist de l’atelier.
Merci Claude d’avoir mis entre mes mains ta confiance, je suis ravi que ton Manivelle N°67 soit à présent avec toi pour relever à ton tour de magnifiques défis.
Livré à l’atelier le 06.02.2026